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  La vie des tiques (1)

Les tiques dans le règne animal

Les tiques ne sont pas des insectes, mais des acariens appartenant à la classe des arachnides (c’est-à-dire que les acariens font partie de la même classe que les araignées et les scorpions). Ainsi, la tique adulte porte quatre paires de pattes griffues. Sur son corps globuleux et à la peau épaisse, il n’y a pas de tête reconnaissable : elle n’a pas d’œil, ni d’oreille, ni de nez. Ce que l’on appelle communément la tête sont en fait les pièces buccales ; elles forment un organe d’ancrage, le rostre, par lequel la tique s’accroche à la peau d’animaux vertébrés afin de se nourrir de leur sang.

Portrait robot de l’adulte :

  • 4 paires de pattes avec des griffes
  • Un corps non segmenté, en 2 parties
  • Les pièces buccales se composent des chélicères, qui servent à percer et à
    « découper » la peau de l'hôte et d’un hypostome qui s'ancre dans l'hôte
  • Une cuticule souple et extensible (les tiques dures ont, en plus, une plaque dorsale)
  • Des récepteurs olfactifs sur la première paire de pattes

Les tiques sont les acariens les plus grands, bien qu’elles restent de petites bêtes : elles mesurent 3 - 5 mm et peuvent atteindre 2 cm. 

 Description des tiques

On connaît plus de 870 espèces de tiques à travers le monde, réparties en 3 genres qui se distinguent par leur morphologie, leur comportement et leur habitat.

Les Ixodidés (tiques dures) vivent dans les bois et dans la végétation épaisse, où elles grimpent sur les herbes et les feuilles. C’est à cette famille qu’appartiennent les espèces de tiques vectrices de maladies humaines, parmi lesquelles on compte l’espèce Ixodes ricinus.

Les Argasidés (tiques molles) sont les plus grosses. Elles vivent généralement près de leur hôte dans les crevasses, les terriers, les nids ou les habitations et viennent se nourrir plusieurs fois sur leur hôte lorsque celui-ci est immobile. Elles peuvent jeûner jusqu'à 5 ans. En Europe elles sont surtout présentes dans le pourtour méditerranéen.

L’unique espèce connue des Nuttalliellidés, Nuttalliella namaqua, partage des caractéristiques des deux autres familles.

La responsable(2) : Ixodes ricinus

  • Ixodes ricinus (ixode commun) est l’espèce de tiques la plus largement présente en Europe. C’est elle que l’on trouve généralement sur nous ou sur les animaux domestiques dans nos régions d’Eurasie. Et c’est donc elle, bien sûr, la principale responsable de l’extension du virus de la méningo-encéphalite à tiques (MET) sur ce continent. 
  • Si Ixodes ricinus est très répandue en Europe, c’est en raison de son large spectre d'hôtes. Possédant une grande facilité d'adaptation, ces tiques trouvent sur ce continent une importante variété de faune et une abondance de broussailles et d'autres plantes. Elles vivent dans les forêts riches en sous-bois et à leur lisière. La plupart des forêts d’Europe offrent ainsi aux tiques un habitat idéal. Elles y sont donc nombreuses, et se raréfient en altitude. Lors de sa retraite hivernale et pour son développement ultérieur, l'ixode commun a besoin de sols humides : feuilles mortes, humus et mousse favorisent son développement.


Une vie de tique

Au cours de sa vie, la tique passe par 3 stades successifs: avant d’atteindre sa forme adulte (mâle ou femelle), elle est larve, puis se transforme en nymphe. Seule l’adulte est sexuée, mâle ou femelle.

De la larve à l’adulte

La vie d'une tique commence à la sortie d’un œuf... Alors larve, elle mesure moins d’un demi-millimètre et est à peine visible à l'œil nu. Elle possède 6 pattes.

Pour se développer et muer, la tique a systématiquement besoin de se nourrir de sang. Une larve privilégiera les petits mammifères tels que les souris ou les hérissons. Après ce premier repas, la larve quitte son hôte et mue dans les 1 à 4 mois suivants pour se transformer en nymphe.

Une nymphe atteint le double de la taille d’une larve. Elle possède huit pattes et une peau plus résistante que celle de la larve. Les nymphes préfèreront prendre leur repas sur de petits animaux. Cependant, accidentellement, l’homme ne saurait être épargné : comme les nymphes sont extrêmement nombreuses, ce sont elles qui infestent le plus fréquemment l'être humain. En quelques semaines après son deuxième repas, la nymphe mue en adulte.

Le stade adulte correspond à la maturité sexuelle : dès lors, les tiques mâles se distinguent des femelles. Les femelles adultes, environ deux fois plus grandes que les mâles, atteignent 4 mm de long. Toutes deux se nourrissent, mais tandis que le mâle ne prend qu’un repas frugal, la femelle est beaucoup plus vorace : elle a besoin de cette réserve nutritive pour pondre ses quelques 3000 œufs. Le mâle et la femelle s’accouplent sur l’hôte sur lequel ils se trouvent (généralement un animal de grande taille, tel qu’un chevreuil ou un cerf). Après l'accouplement, le mâle meurt tandis que la femelle se laisse tomber à terre pour pondre ses œufs, avant de mourir également.

On peut trouver des tiques à chacun des stades tout au long de l’année. Cependant, elles sont plus actives du printemps à l’automne, quand les températures sont clémentes. Lorsque les conditions climatiques sont défavorables, en hiver notamment, la tique se réfugie dans le sol. Ixodes ricinus hiberne, qu’elle soit larve, nymphe ou adulte, quand la température du sol passe en dessous de 0°C. Dès que cette dernière remonte à 5-7°C, aux alentours de mars/avril, l’activité de notre acarien reprend.

Le cycle de développement de la tique se caractérise par une alternance de périodes de famine qui peuvent durer très longtemps, et de périodes relativement courtes inhérentes à l’absorption d’énormes repas sanguins fortement concentrés. Une tique passe plus de 98% de sa vie à jeûner, loin d’un hôte!! Si le repas sanguin n’a pas lieu, la tique peut rester au même stade de développement et attendre l’année suivante. Il est habituel d’observer des périodes de famine de plus de trois ans ; on sait que certaines tiques molles peuvent survivre plus de quatorze ans.

C’est ainsi que le cycle de développement de la tique peut durer plus ou moins longtemps, en fonction des conditions microclimatiques auxquelles elle sera confrontée et des hôtes éventuels qu’elle est amenée à trouver: il peut varier de 6 mois à 8 ans !
 

 Schéma du cycle de développement d’Ixodes ricinus
 Schéma du cycle de développement d’Ixodes ricinus

La tique, ce parasite vorace !

Comme la plupart des acariens, les tiques sont hématophages, c'est-à-dire qu'elles se nourrissent du sang de leurs hôtes. Ces repas sanguins leur sont indispensables pour accomplir leur mue d’un stade à l’autre (larve et nymphe) ainsi que pour assurer leur reproduction (adulte). Les tiques sont donc contraintes à parasiter des mammifères, des reptiles ou des oiseaux.

Proportionnellement à leur taille, les tiques sont des arthropodes très voraces. Fixée dans la peau de son hôte, la tique prend son repas pantagruélique pendant plusieurs jours ou même plus d’une semaine. La femelle fécondée, dont les besoins se trouvent augmentés, peut se nourrir pendant 11 jours consécutifs ! La quantité de sang qu’elle ingurgite peut atteindre 50 à 200 fois son poids à jeun. Pendant ce temps, son corps s'accroît jusqu'à former une petite sphère. Le volume de son abdomen peut alors augmenter de 3 à 4 fois.

C’est au cours de tels repas qu’une tique, si elle est porteuse du virus de la MET, peut le transmettre à l’homme.

La tique a pu être contaminée par le virus soit lors d’un précédent repas sur un animal infecté, soit dès sa conception : une tique femelle infectée peut transmettre le virus à l’ensemble ou à une partie de ses milliers d’œufs!

Une fois repue et gorgée de sang, la tique se détache de son hôte et se laisse tomber sur le sol, où elle digèrera le repas sanguin. Elle pourra alors accomplir sa mue ou pondre ses œufs.

Il faut tout de même noter qu’à l’inverse de la femelle, le mâle adulte se contente d’un repas frugal. Il se nourrit pendant 3 à 5 jours, temps pendant lequel son poids double. Il reste sur son hôte ou alors parfois cherche un nouvel hôte pendant des semaines et même des mois entiers. Par la suite, il recommencera à ingurgiter du sang seulement si ses éléments nutritifs sont épuisés alors qu’il se met à la recherche d’une femelle.

Le choix de l’hôte et du site d’attachement

Le degré de spécificité des tiques quant à leurs hôtes varie beaucoup. Certaines tiques peuvent ne piquer qu'un seul type d'hôte (R. sanguineus pique les chiens); d'autres, en revanche, en ont plusieurs. Ainsi, Ixodes ricinus est une des espèces présentant le plus d’hétérogénéité, s’attachant à des mammifères, des oiseaux ou des reptiles.

Lors de sa vie, une tique change plusieurs fois d’hôte, qu’elle choisit en fonction de sa taille et de son stade de maturité: les larves et les nymphes s’attacheront de préférence aux petits rongeurs, tandis que les adultes s’attaqueront à des mammifères plus gros. Parfois, les larves et les nymphes sont incapables de survivre sur des hôtes « préférés » par les adultes. L’homme, hôte acceptable pour certaines espèces, n’est qu’une cible accidentelle. Ainsi, les trois stades d'Ixodes ricinus peuvent se fixer sur l'homme et lui transmettre des agents pathogènes.

Deux solutions s’offrent à une tique à la recherche d'un hôte: soit elle adopte une stratégie d’attaque, en sortant de son habitat et cherchant son hôte; soit elle adopte une stratégie d’attente: elle se tient sur la végétation (herbes ou broussailles), écarte ses pattes antérieures et attend le passage d’un hôte approprié, auquel elle s'agrippe dès qu'il frôle la plante qui la porte. En aucun cas elle ne tombe des arbres!

La tique n’a pas d’yeux : elle repère son hôte grâce aux récepteurs sensoriels qu’elle possède sur ses pattes antérieures. Elle perçoit la chaleur et les odeurs corporelles qu’émet l’hôte (dioxyde de carbone, ammoniaque, phénols) ainsi que les vibrations du sol lors des déplacements de ce dernier. Elle se laisse alors tomber ou grimpe sur lui.

Une fois sur son hôte, la tique choisit en fin stratège un site où s’attacher : préférant les zones riches en vaisseaux sanguins et où la peau est fine, elle cherche d’abord à se maintenir hors d’atteinte de prédateurs éventuels, et ensuite à améliorer ses chances de trouver un partenaire d’accouplement. Chez l'homme, la tique préfère se fixer là où la peau est fine, humide et douce (par exemple l'aine, le creux des genoux, le cou, etc). Chez les enfants, elle se fixe plus fréquemment sur la tête.

La piqûre/morsure – système d’alimentation

Une fois qu’elle a choisi son emplacement, la tique introduit ses pièces buccales (le rostre) dans la peau. Le rostre forme un tube dont la partie supérieure est constituée d'une paire de couteaux (les chélicères) qui dilacèrent la peau – à l’origine de la morsure - et d'une partie inférieure (l'hypostome) hérissée de petites dents qui permettent à la tique de se fixer solidement dans la peau – engendrant la piqûre.

Ainsi, la piqûre de tique diffère de celle d’un moustique, par exemple. Alors que le moustique pique directement dans les vaisseaux sanguins de son hôte, la tique introduit son rostre plus ou moins profondément dans la peau de l’hôte ; le rostre se remplit alors du sang des vaisseaux sanguins rompus. Ainsi, la tique aspire le sang qu’ils contenaient. Dans le même temps, elle sécrète par ses glandes salivaires de nombreuses substances qui facilitent le repas sanguin, empêchent le sang de coaguler et rendent la piqûre indolore. Pour certaines espèces (par exemple les Ixodes, les Dermacentor …) ces substances sont toxiques et peuvent provoquer des paralysies, qui peuvent conduire à la mort de l’homme ou de l’animal.

 

 POUR ALLER PLUS LOIN

Attachement
La lésion initiale formée par les doigts coupants du chélicère s’accompagne de la sécrétion de composants salivaires lytiques ; l’hypostome entre dans la blessure et se retrouve fixé fermement par les dents se situant sur la surface ventrale. Chez la plupart des tiques dures, l’insertion s’accompagne d’un flux de cément qui entre dans la plaie et baigne l’hypostome et le chélicère, durcissant apparemment instantanément, et qui résulte en une formation caractéristique à une espèce de tique en particulier.

Système alimentaire
L’ancrage de la tique dans le corps de l’hôte rend le canal alimentaire de la tique continu avec la lésion dans la peau de son hôte. Le cément permet aux parties buccales d’être fermement fixées. Les pièces buccales servent de conduit commun pour les aspirations de sang et l’écoulement de la salive.

Reproduction

Chez les tiques, reproduction et alimentation sont intimement liées.

Habituellement, la femelle reste attachée à l’hôte et se nourrit de grosses quantités de sang pendant 5 à 12 jours. Toutefois, elle peut prolonger son séjour de plusieurs semaines si elle n’a pas pu s’accoupler.

Le mâle, lui, se nourrit généralement pendant 3 à 5 jours, temps pendant lequel son poids double. Ensuite, il se met à la recherche d’une femelle. Il recommencera à ingurgiter du sang seulement si ses éléments nutritifs sont épuisés. Il reste sur son hôte ou parfois cherche un nouvel hôte pendant des semaines et même des mois entiers, en attente d’un potentiel accouplement.

Lorsqu’elles aspirent le sang, les tiques femelles émettent une substance odoriférante qui signale leur disponibilité à l'accouplement aux mâles se trouvant à proximité. Un mâle attiré par cette odeur viendra s’accoupler.

La tique mâle est beaucoup plus petite que la femelle ; pour l'accouplement, elle grimpe sous le ventre de la femelle afin d’y déverser une masse de spermatozoïdes dans son orifice sexuel. Le mâle meurt après l'accouplement, tandis que la femelle, devenue près de 200 fois plus grosse que lorsqu’elle était à jeun, se jette à terre pour y pondre ses milliers d’œufs. Après un tel effort, elle meurt d’épuisement.

Ponte

La ponte d’une tique peut compter 500 à 5000 œufs. Avant qu’elle ne débute, la femelle complètement gorgée de sang se met à la recherche d’un lieu à l’abri avec un microclimat convenable. Puis elle s’immobilise. Il peut se passer 2 jours à plusieurs semaines avant que la femelle fécondée ne commence à pondre, selon les espèces et la température extérieure. Parfois, ce délai peut être tellement long que la femelle meurt avant d’avoir pondu… La durée de la ponte dépend elle aussi de l’espèce et des conditions environnementales, notamment de la température, et peut varier de quelques jours à plusieurs semaines.

 copulation  éclosion

 

larve-nymphe-tique

Après l’accouplement, la femelle devient 200 fois plus grosse qu’elle n’était à jeun et pond 500 à 5000 œufs, avant de mourir. La deuxième image montre une larve sortant de son œuf.

 

La larve et la nymphe sont bien plus petites que la tique adulte. Les hommes remarquent rarement les nymphes, qui sont pourtant bien plus nombreuses que les tiques adultes.

(1)Mehlhorn (Ed). Encyclopedic Reference of Parasitology.Ticks. http://parasitology.informatik.uni-wuerzburg.de/login/n/h/1453.html.(Dernier accès en Mars 2008).
(2)Süss et al. What makes ticks tick ? climate change, ticks and tick-borne diseases.
ISTM, Journal of Travel Medicine, 2008;15(1):39-45.

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Mise à jour le 18/02/2011